Une norme plus exigeante : des mesures d’adaptation pour tous

décembre 10th, 2018

Une norme plus exigeante : des mesures d’adaptation pour tous

par Geoff Wright

Notre premier article présentait l’évolution de la norme d’application CSA Z412‑17 sur l’ergonomie des postes de travail.

Notre deuxième article abordait des concepts importants.

Le présent article décrit le système d’organisation du travail de bureau et souligne la nécessité de répondre aux besoins de chacun au sein de l’espace de travail.

Le système d’organisation du travail de bureau

Planifier et aménager un espace de travail exige d’envisager l’organisation du travail de bureau dans son ensemble. Il faut non seulement tenir compte du mobilier, de l’équipement et des fournitures, mais aussi de la disposition des lieux, de l’éclairage, du bruit, de la température et de la qualité de l’air intérieur.

L’organisation du travail de bureau a une portée très vaste. Elle comprend la façon dont le travail est organisé, supervisé et exécuté, et intègre également le mode de fonctionnement des éléments et leurs interactions, ainsi que les facteurs psychologiques qui influent sur la santé et le bien-être des employés.

La norme Z412-17 énonce les exigences qui s’appliquent à la fois aux espaces de travail traditionnels et aux espaces de travail non traditionnels (tels que les bureaux à domicile, les véhicules de transport et les lieux de travail temporaires). L’une de ces exigences concerne la nécessité de mettre en place des mesures d’adaptation pour chaque employé.

Répondre aux besoins de chacun

Les employeurs sont conscients de leur obligation de prévoir des mesures d’adaptation pour les personnes qui ont des besoins physiques, sensoriels ou autres besoins médicaux particuliers. Selon la Commission canadienne des droits de la personne, cette « obligation d’adaptation » signifie qu’il faut parfois traiter les gens de façon différente pour prévenir ou réduire la discrimination.

À la lecture des documents antérieurs de la CSA sur l’ergonomie des postes de travail (les normes Z412‑M89 et Z412‑00, maintenant remplacées par la norme Z412‑17), il était facile d’en venir à la conclusion que des fauteuils et des postes de travail adaptés n’étaient nécessaires que pour les employés qui, en position debout, se situaient entre une femme de petite taille et un homme de grande taille. Ce raisonnement tenait la route, puisque les mesures anthropométriques fournies dans les tableaux de ces normes allaient du 5e percentile chez la femme au 95e percentile chez l’homme.

La norme Z412‑17 est plus exigeante. Elle stipule que chaque utilisateur au sein de l’espace de travail a droit à des mesures d’adaptation.

L’annexe A, qui a valeur normative (obligatoire), permet de déterminer si l’espace de travail est adapté ou non aux besoins de chacun. Les figures contenues dans l’annexe illustrent les postures de travail citées en référence, tandis que les tableaux indiquent les dimensions et les plages de réglages. L’annexe A énonce également les principes à suivre pour déterminer l’adéquation d’un poste de travail et les exigences relatives aux fauteuils et aux plans de travail.

Des fauteuils de travail adaptés aux besoins de chacun

Le choix d’un fauteuil de travail implique bien plus que la simple nécessité de fournir un appui lombaire stable.

La norme stipule qu’un fauteuil de travail doit tenir compte des caractéristiques pertinentes de chaque employé. Il doit également être adapté aux tâches ou aux activités professionnelles effectuées et permettre de passer aisément d’une position à l’autre.

Pour savoir si un fauteuil répond aux besoins individuels de l’utilisateur, il faut tenir compte d’une série de mesures anthropométriques (ou corporelles). Par exemple, la hauteur du genou (creux poplité) doit dicter la hauteur du siège. Pour être bien soutenue, la région lombaire nécessite un dossier réglable en hauteur. Enfin, la longueur de la cuisse (de la fesse au creux poplité) détermine la profondeur du siège, tandis que la largeur des hanches détermine la largeur du siège et l’emplacement des appuie-bras.

La plupart des employés travaillent dans un fauteuil conçu pour un utilisateur dont la taille se situe entre le 5e percentile chez la femme et le 95e percentile chez l’homme. Cependant, le choix d’un fauteuil adapté est complexe, précise la nouvelle norme, et, selon la clientèle d’utilisateurs concernés, une variété de produits peut être requise pour satisfaire aux particularités de chacun.

Des plans de travail adaptés aux besoins de chacun

La norme exige également que le mobilier tienne compte des caractéristiques anthropométriques pertinentes de l’employé qui utilise le poste de travail.

Les critères retenus pour établir si un plan de travail est adapté comprennent notamment ce qui suit :

  • Le plan de travail doit convenir aux tâches ou aux activités effectuées;
  • Il doit fournir une surface d’appui pouvant recevoir le matériel technologique et l’équipement connexe;
  • Il doit permettre de passer aisément d’une position à l’autre.

Les tables à hauteur réglable sont de bons exemples de plans de travail qui permettent d’alterner aisément les positions.

Ces tables sont idéales dans les cas où plusieurs personnes partagent un même poste de travail. Comme elles sont faciles à régler, chaque employé peut en adapter rapidement la hauteur afin d’adopter les positions recommandées.

En position assise, le dégagement sous le plan de travail doit permettre de varier librement les positions et notamment d’allonger complètement les jambes.

Plusieurs mesures anthropométriques doivent être prises en compte pour déterminer si le poste de travail répond aux besoins de l’utilisateur en position assise. La hauteur de la cuisse, du creux poplité, du genou et de la cheville permet d’évaluer si le dégagement en hauteur est suffisant. De même, la distance entre la fesse et le genou, la proéminence abdominale et la longueur du pied permettent d’évaluer le dégagement en profondeur sous le plan de travail.

Comme pour les fauteuils de travail, les dimensions et les plages de réglage relatives au plan de travail pour les personnes dont la taille varie du 5e percentile chez la femme au 95e percentile chez l’homme sont présentées dans l’annexe A.

Il convient de noter que, pour satisfaire aux exigences applicables à tous les utilisateurs d’un groupe, des dimensions et des plages de réglage autres que celles qui sont indiquées dans l’annexe peuvent être requises. Vu la complexité de ce calcul, la CSA recommande de confier l’évaluation à une personne compétente (voir les définitions de « personne compétente » et d’« ergonome » dans la norme).

Communiquez avec l’Association canadienne d’ergonomie pour trouver un ergonome professionnel agréé du Canada (CCPE).

Informez-vous!

Vous pouvez vous procurer un exemplaire de la norme CSA Z412-17 ici.

Avertissement
Les opinions professionnelles exprimées dans cet article sont celles de Geoff Wright et ne reflètent pas nécessairement l’opinion ou le point de vue d’une organisation à laquelle Geoff Wright peut être associé. Le présent document est destiné uniquement à des fins éducatives et est conçu pour fournir des informations générales et une compréhension générale de l’ergonomie. Tous les efforts sont déployés pour assurer l’exactitude et la fiabilité des informations fournies. Les informations peuvent ne pas être applicables ou adaptées à votre situation et ne doivent pas remplacer les conseils d’un ergonome professionnel certifié ou d’autres professionnels qualifiés.

A propos Geoff Wright?

Geoff Wright siège au comité technique de la norme CSA Z412-17 en tant que représentant de l’Association canadienne d’ergonomie. Il est ingénieur professionnel (Ing.) avec un doctorat en ergonomie, et il est reconnu comme professionnel en sécurité agréé du Canada (CRSP), et comme ergonome professionnel certifié au Canada (CCPE), aux États-Unis (CPE) et au Royaume-Uni (F. Erg. S).


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